
La solitude après la violence conjugale.
- Gabriel

- 13 sept. 2025
- 2 min de lecture
Ça va bientôt faire un an que le dernier fil qui me reliait à lui s'est rompu. Une année complète où j'ai cessé de vouloir me battre contre un système qui ne voulait pas m'entendre. Où je lui ai redonné toute sa liberté. Moi qui avais du mal à retrouver la mienne. Je me rends compte, avec le recul, à quel point m'éloigner des combats est aussi une source d'angoisse. Quand on se retrouve seul. Que l'on découvre tout ce que l'on a perdu durant la tempête. C'est un choc en soi et il faut apprendre à le surmonter. C'est ce que j'ai voulu laisser transpirer dans ce texte.
C'est le calme plat.
Le calme après la tempête.
Un calme si lourd que je me demande si je n’aimais pas mieux la tempête.
Comme avant.
Parce qu’au moins, elle était vivante.
Il y avait du monde.
En positif. En négatif.
Des voix, des gestes, des présences qui s’entrechoquaient.
Au gré de mes combats.
Dans mes souffrances.
Un je existait.
À la mesure du secret que je brisais sur ces murs qui désormais s’en balancent.
Il n'en reste que des mots vides
Des lettres pêle-mêles
Des murmures incompris.
Qui repensent mes jours tendres, cambrés devant une absence.
Une étrange suspension.
Un épais brouillard
Comme mes souvenirs qui étouffent mes pensées.
Qui se faufilent comme un faux mystère.
Je l’avais tant désirée, ce silence…
Et je le fuirais à cent mille lieux, si seulement je le pouvais.
Maintenant.
Au lieu de quoi
Je suis là à grafigner les murs.
À chercher ces mots qui m’ont oublié.
Ceux que je n’entendais plus.
Que j’aurais dû chérir.
Il n’y a plus de tempête.
Plus de cris.
Qu’un jour qui se lève pour éclairer le monde.
Rien qu’un vide qui pèse.
Qu’un amour court.
Et moi, noyé, là.
De toi
Hier pourtant,
Je hurlais si fort pour être
De cette voix qui aujourd’hui se perd.
À force de vivre pour une histoire qui s’est éteinte.
Sans mouvement.
Quelle lenteur.
Que ce temps brutal.
Je n’arrive plus à me voir au-delà de ce qui n’est plus.
Comme avant.
Et pourtant…
Je cherche encore.
Je cherche comme la mer qui se retire,
Et qui souffre de ne pas avoir su trouver tes pas.
Dans ce sable où tout naît
Que pour disparaître.
Comme dans ses milliers de reflets
Où je n’arrive plus à percevoir ton regard
Je sais qu’il y a autre chose pour moi.
Au-delà du bruit de vos réserves.
Qui se heurtent à ma peine.
Blessée par la mémoire des souvenirs.
C’est là.
J’entends une voix qui m’appelle.
Preuve que parfois,
Le silence n’est pas roi.
--Gabriel



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