
Comprendre les multiples visages de la violence conjugale
- Gabriel

- 25 juil. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 août 2025
La violence conjugale ne connaît pas de frontières. Elle ne fait pas de distinction d'âge, de statut socio-économique, ni d'orientation sexuelle. Trop souvent, on imagine la victime comme étant une femme et l'agresseur comme étant un homme. Pourtant, la réalité est bien plus complexe. Les hommes homosexuels sont également victimes de violence au sein de leurs relations intimes.
Selon Statistique Canada (2018), 48 % des hommes gais et 66 % des hommes bisexuels ont déclaré avoir vécu de la violence dans une relation intime, comparativement à 36 % des hommes hétérosexuels. (1)
Les hommes homosexuels sont souvent moins enclins à signaler les violences subies, par crainte du jugement, du rejet ou du dévoilement de leur orientation sexuelle. Le mythe de la force égale entre partenaires masculins contribue à banaliser ou nier la violence. (2)

Au Québec, en 2023, 6 492 hommes ont été victimes d’infractions en contexte conjugal, soit une hausse de 125 % depuis 2005. Les hommes représentent 24 % des victimes de violence conjugale déclarée à la police au Québec (3) — mais ces chiffres ne distinguent pas l’orientation sexuelle, ce qui montre un manque de données spécifiques.
Il est crucial de briser le silence et de mettre en lumière les différentes formes que cette violence peut prendre.
La violence conjugale ne se limite pas à la violence physique, bien que celle-ci soit une réalité terrifiante pour de nombreuses victimes. Elle englobe un éventail de comportements abusifs visant à exercer du pouvoir et du contrôle sur le partenaire. Voici quelques formes de violence conjugale que vous pourriez vivre :
1. La violence physique
C'est la forme de violence la plus visible et souvent la plus facile à identifier. Elle inclut tout acte intentionnel visant à blesser physiquement l'autre :
Coups : gifles, poings, coups de pied, etc.
Bousculades et poussées.
Utilisation d'objets pour blesser.
Brûlures.
Séquestration.
2. La violence psychologique ou émotionnelle
Cette forme de violence est insidieuse et peut laisser des cicatrices profondes, même si elles ne sont pas visibles. Elle vise à dévaloriser, humilier et isoler la victime :
Insultes et critiques constantes.
Humiliations en privé et en public.
Menaces (de blesser, de quitter, de révéler des informations personnelles).
Chantage affectif.
Manipulation et culpabilisation.
Isolement social (empêcher de voir ses amis, sa famille).
Surveillance excessive (appels et messages constants, vérification des activités).
3. La violence verbale
Les mots peuvent être des armes redoutables. La violence verbale comprend :
Cris et hurlements.
Injures et obscénités.
Dénigrement et sarcasme constant.
Intimidations verbales.
4. La violence économique
Contrôler les finances est une façon d'exercer un pouvoir considérable sur le partenaire :
Contrôle strict de l'argent.
Privation de ressources financières.
Empêchement de travailler ou de faire des études.
Sabotage des opportunités d'emploi.
Obligation de justifier chaque dépense.
Voler ou prendre possession de certains biens sans consentement.
5. La violence sexuelle
Toute activité sexuelle imposée sans consentement est une forme de violence :
Relations sexuelles forcées.
Attouchements non désirés.
Commentaires dégradants à caractère sexuel.
Pression pour des pratiques sexuelles non désirées.
6. Violence identitaire - Les spécificités dans les relations homosexuelles masculines :
En plus de ces formes de violence, les hommes homosexuels peuvent être confrontés à des dynamiques spécifiques :
Menaces de dévoilement de leur orientation sexuelle à leur famille, leurs amis ou leur employeur ("outing").
Utilisation de stéréotypes homophobes pour les rabaisser ou les contrôler.
Isolement accru en raison de la peur du jugement ou du manque de soutien spécifique pour les hommes victimes dans les relations de même sexe.
Difficulté à identifier la violence en raison des normes sociales et des rôles de genre parfois plus fluides dans les relations homosexuelles.
Il est crucial de se rappeler que vous n'êtes pas responsable de la violence que vous subissez. Personne ne mérite d'être maltraité, quelle que soit son orientation sexuelle ou son genre.
Si vous vous reconnaissez dans ces descriptions, il est important de chercher de l'aide. De nombreuses ressources existent pour soutenir les hommes victimes de violence conjugale, y compris ceux dans des relations homosexuelles. N'ayez pas peur de parler et de demander de l'aide. Votre sécurité et votre bien-être sont primordiaux.
Où trouver de l'aide (Québec) :
SOS violence conjugale : 1 800 363-9000 (24/7)
Ligne téléphonique d'aide et de référence pour les hommes ayant des comportements violents (Tel-Aide Hommes) : 1 877 523-6666
Centres d'aide et d'hébergement pour hommes en difficulté (CAHD) : Vous pouvez trouver une liste sur le site web de la Fédération des maisons d'hébergement pour hommes.
Organismes communautaires LGBTQ+ : Ils peuvent offrir du soutien et des références spécifiques.
N'attendez pas que la situation s'aggrave. Parler, c'est déjà un premier pas vers la liberté et la guérison. Vous méritez une relation saine et respectueuse.
Voir pouvez aussi consulter la campagne "Joins ta voix" pour du contenu visuel des différentes formes de violence conjugale.
Références:
(2) www.inspq.qc.ca


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