
Ceux qui font une différence
- Gabriel

- 11 juil. 2025
- 3 min de lecture
En tant qu'homme homosexuel victime de violence psychologique et économique, trouver de l'aide appropriée n'a pas été une tâche simple. J'ai croisé en tout 43 organismes à qui j'ai demandé de l'aide. Certains ne répondaient pas à mes besoins. D'autres m'ont merveilleusement bien tendu la main. Je tenais à leur rendre hommage.
C'est parfois le cœur noyé par la peine.
Que l'on rencontre le plus beau de l'amour.
N'ont pas celui qui vient avec le coup de foudre.
Mais celui d'une main tendue.
D'une oreille attentive.
Qui vient avec des paroles réconfortantes.
De la reconnaissance.
De l'empathie.
De la chaleur humaine dans la froideur de cet hiver que l'on traverse.
Des regards qui se veulent rassurants.
Sur cette route sur laquelle on avance aveuglément.
Et parfois,
ce sont ces silences partagés,
qui guérissent plus qu’un long discours.
Je me souviens des conversations tôt le matin avec ma psychologue.
Du temps qu'elle m'a offert.
De sa présence discrète,
mais constante et rassurante.
Comme un phare au loin dans la tempête.
Grâce à elle, j’ai appris que la dignité n’est pas un luxe.
Elle se reconstruit.
Un regard à la fois.
Une parole qui ne juge pas,
Un “je te crois” soufflé à demi-voix.
Un "je crois en toi" que l'on croyait éteint au fond de soi.
Ce n’était pas un parcours droit.
C’était un sentier cabossé.
Où j’ai trébuché mille fois.
Mais chaque chute a trouvé une main.
Je me souviens des policiers qui sont venus chaque fois.
Pour rassurer mes craintes.
M'offrir cette sécurité perdue.
Dans mes nuits troublées par l'absence de vie.
Je n'oublierai jamais toutes les intervenantes du 811 qui ont reçu mes appels.
Qui ont su prendre chacune de mes larmes pour en faire des gouttes de rosée.
Qui ont rallumé une à une mes étoiles pour que je me sente moins seul dans mes ténèbres.
Et dans ce tissage de solidarités,
j’ai redécouvert un peu de moi.
L’homme que je suis.
Et celui que je suis encore en train de devenir.
Partager mes inquiétudes.
Le souffle couper par le traumatisme de mes souvenirs.
Avec cette intervenante du CAVAC qui écoutait chacun de mes mots.
Qui savait les prendre entre ses mains.
Pour mieux me comprendre.
Et me les rendre tout en douceur.
Pour guider mes pas vers la résilience.
Je garderai à jamais de chaleureuses pensées pour le travailleur social et de l'avocate de l'organisme Justice Alliés-es.
Les premiers à avoir entendu cette voix fragile.
À croiser mes regards paniqués.
Ils ont accueilli l'entièreté de ma confidence.
Et ont été de merveilleux conseillés.
Dans cet instant où je perdais pieds.
Où je cherchais mes repères égarés.
Je me souviens des intervenants de première ligne.
Alors que la maladie s'acharnait.
Que les jours de pluie trahissaient mes envies.
De ce corps et cette tête qui n'en pouvaient plus des combats.
Grâce à leur travail, j'ai pu retrouver le calme.
Me déposer enfin.
Pour mieux reprendre mon chemin.
Au cœur de ma solitude.
Noyé d'incertitudes.
Dans les torrents de la justice qui m'emportaient.
Je repense souvent à l'avocate de ReBâtir.
De son empathie.
De sa solidarité.
Elle m'a offert ce cadeau qu'est la reconnaissance.
Elle a mis en mots mes injustices.
Elle a su construire ce pont qui a tout changé.
Créant ce lien avec un policier.
Le premier qui a osé mettre des mots clairs sur mon existence:
Ce que vous vivez, monsieur, c'est de la violence conjugale.
Des mots simples.
Mais d'une indescriptible douleur.
J'ai tant pleuré ce jour-là.
Non pas seulement de peine.
Mais bien parce que je voyais enfin clairement ce tunnel où j'étais en train de me perdre.
Des mots qui m'ont défini en tant que victime.
Un pas vers une liberté tant attendue.
Chacun d'eux à leur manière.
Avec leurs forces empreintes d'humanité.
Auront su mettre des bases solides pour ma reconstruction.
Ils auront su me guider alors que tout m'était impossible.
Incompréhensible.
Invisible.
Inconcevable.
C'est au cœur de ce grand amour que j’ai pu
Préserver cette faible lueur.
Protéger cette source de vie.
La mienne.
Je n'ai certes pas pu trouver toutes les solutions.
Ni tous les remèdes à mes maux.
Mais elles/ils m'ont offert cette paix temporaire.
Me permettant de mettre un pied à terre.
De combattre ma solitude.
De reprendre vie.
De me relever, enfin.
Une part de chacun d'eux.
Fait partie de l'homme que je suis.
Celui que je veux être pour l'avenir.
Leurs souvenirs m'apaisent.
M'amènent à toujours avancer.
À toutes ces âmes charitables.
Ces cœurs qui battent.
De cet amour si grand.
Je vous dis merci.
Merci d'avoir fait de moi un être vivant.
Dans ma chair.
Dans mon âme.
Au nom de l’aube nouvelle qui s’éveille en moi.
— Gabriel



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