top of page

Quand l'amour devient contrôle : comprendre la violence économique chez les hommes en couple.

  • Photo du rédacteur: Gabriel
    Gabriel
  • 2 août 2025
  • 2 min de lecture

Dans l’imaginaire collectif, la violence économique en contexte conjugal est souvent associée à des femmes victimes de contrôle financier. Pourtant, les hommes peuvent eux aussi être soumis à des formes de domination invisibles, où l’argent devient un outil de manipulation, de pression et d’humiliation. Il est temps de lever le voile sur cette réalité trop peu abordée.



Qu’est-ce que la violence économique ?


La violence économique est une forme d’abus qui vise à restreindre l’autonomie financière d’une personne dans le but de la maintenir sous emprise. Elle peut se manifester par :

- Confiscation ou contrôle des moyens de paiement (carte bancaire, revenus)

- Interdiction de travailler ou de poursuivre des études

- Justification forcée de chaque dépense

- Sabotage de projets professionnels ou éducatifs

- Création de dettes au nom du partenaire

- Vol ou utilisation non consentie d’argent ou de biens


Ce type de violence est insidieux. Elle ne laisse pas de bleus visibles, mais elle érode lentement l’estime de soi, la liberté et la sécurité.



Les hommes victimes : un silence masculin difficile à briser


Chez les hommes, la violence économique est souvent difficile à reconnaître et à avouer. Pourquoi ?


  • Parce que les normes sociales valorisent l’indépendance financière masculine — être victime d’un contrôle économique est perçu comme une faiblesse.

  • Parce que les services d’aide sont rarement adaptés aux hommes ou aux couples homosexuels.

  • Parce que la société associe rarement les hommes au rôle de victime dans les violences conjugales.


Pour certains, la honte, le doute et la peur du jugement deviennent des barrières à la prise de parole. Et pourtant, ils existent. Ils souffrent. Et ils ont besoin d’espace pour être entendus.



Témoignage


Quand mon chum a commencé à utiliser ma carte de crédit pour des achats qu’il disait “essentiels pour la maison”, j’ai pas trop réagi. On vivait ensemble, ça semblait logique. Mais rapidement, ça s’est mis à déraper : des vêtements hors de prix et des bébelles électroniques qu’on n’avait pas besoin. Quand j’ai proposé de retourner certains trucs, il m’a lancé que j'étais "cheap" et que je voulais le contrôler. À chaque fois que j’abordais le sujet des dettes, il se fermait ou tournait ça à la blague. J’étais pris à payer tout seul, avec une carte presque toujours pleine, pendant que lui continuait à dépenser comme si de rien n’était. J’me sentais pas juste dépassé, j’me sentais effacé. »

Ce type de récit montre bien que la violence économique n'est pas seulement une question d’argent — c’est une question de pouvoir.



Reconnaître les signaux


Si tu es un homme et que tu vis des situations où :

- Tu te sens coupable ou honteux de tes dépenses personnelles

- Tu n’as plus accès librement à ton argent

- Tu es empêché de travailler ou d’étudier

- Tu es constamment surveillé ou humilié à propos de ton budget


➡️ Il est possible que tu sois victime de violence économique.


En conclusion : la violence économique ne discrimine pas selon le genre. Et les hommes, eux aussi, ont le droit de vivre dans un couple où respect, liberté et dignité financière sont la norme.


Si tu te reconnais dans ce récit, sache que tu n’es pas seul. Ta voix compte. Et il existe des ressources pour t’écouter et t’aider. SOUTENIR

Commentaires


Clauses de confidentialité

Ce témoignage est diffusé dans une démarche de sensibilisation, d’expression personnelle et de reconstruction. Il ne vise aucunement à dénoncer ni à accuser formellement quiconque, mais à briser le silence et à rendre visible une réalité intime vécue par l’auteur.

 

Dans un souci de confidentialité et de respect des personnes concernées, tous les noms, lieux, circonstances et autres éléments permettant une identification directe ou indirecte ont été modifiés ou anonymisés. Les propos publiés ne constituent pas des affirmations judiciaires, ni des accusations formelles, mais relèvent du ressenti subjectif de l’auteur.

 

Le contenu de ce témoignage est partagé à titre informatif et introspectif, dans un cadre de liberté d’expression protégée par la loi, notamment selon les principes reconnus du droit à l’intimité et à l’expression artistique ou personnelle. Il ne saurait être interprété comme diffamatoire ou préjudiciable.

 

Toute reproduction ou utilisation de ce texte en dehors du site À voix d’hommes est strictement interdite sans autorisation préalable.

à voix d'hommes - brisons le silence

Tous droits réservés © À voix d'hommes 2025

bottom of page